Un pavé blanc dans la mare

Ce matin, je teste une variante forestière, histoire de mettre un peu de dépaysement dans mon parcours. Le départ ne l’est pas spécialement : il s’agit de prendre le tram comme des dizaines de voyageurs amassés à l’arrêt qui partent travailler. Avec ma frontale vissée sur le crâne (et le reste de mon accoutrement), je me sens un poil intruse au milieu de la foule laborieuse (aka la France qui se lève tôt).

Bien que partie à l’aube, le froid est particulièrement cruel, ce qui n’est guère habituel. Espérons que l’imminente immersion dans les bois me permettra d’être à l’abri de ces températures peu avenantes et annonciatrices de la mini-neige de la soirée. A la descente du tram, la traversée du centre-ville consiste à longer une longue file de voitures stationnées à un feu rouge. Fichtre, tout ce monde déjà debout ? Retournez vous coucher les gens : il fait nuit !

J’oblique à droite et me retrouve enfin dans la nature. Le tableau n’est pas vraiment celui auquel je m’attendais. Comme si je revenais en arrière, à dimanche. Ce qu’on a coutume d’appeler le « tapis vert » (cf la grande perspective) est intégralement recouvert de blanc. J’ai beau balayer le plus loin possible avec mon faisceau lumineux, la surcouche s’étend à perte de vue. Et moi qui étais persuadée que la glace avait fini par fondre grâce aux températures, il s’avère que j’ai tout faux. Seule l’activité humaine – en ville – serait donc à l’origine de la victoire de l’Homme contre les éléments. Ici, elle est clairement quasi-nulle et, tout le long de mon parcours, je ne croiserai strictement aucun jogger ou promeneur de chien. Seule au monde je suis. Je n’ai pas intérêt à me  lancer dans des acrobaties hasardeuses.

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Bien sûr, il est encore temps de rétropédaler mais mon moi warrior refuse de se débiner : après tout, ce ne sont pas 8k qui vont me mettre KO. Après tout, rien n’est impossible. Trêve de grandes phrases. Pour l’instant, je n’en mène pas large. J’avance précautionneusement, parfois marche à tâtons. Impossible de me rabattre sur des bas-côtés déneigés ou progresser mécaniquement en mode automatique. Il faut dire qu’avec mes courts orteils, je n’ai pas tellement le profil du griffeur idéal en Vibram. A force de concentration intense, j’ai très chaud intérieurement et je suis maintenant bien réveillée.

Le spectacle des divers étangs, tous gelés, est magnifique. Je me prends à imaginer : les habitants du coin ne patinaient-ils pas dessus jadis ? Je me délecte de la beauté environnante, même si mes pieds grognent tant chaque pas est impossible à stabiliser. Même la traversée du mini pont est périlleuse.

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Plus loin, je croiserai un cycliste en galère qui répète tout haut « ça glisse, ça glisse ». Avant cela, j’ai pu constater qu’au fur et à mesure que je me rapproche de Chaville, la neige se fait de plus en plus rare. Because pollution vélizienne ? Je ne me plains pas mais, pour autant, gambader dans un ruisseau glacé n’est pas l’expérience la plus kiffante que j’aie pu vivre.

Signe de la fin des temps de ma batterie téléphonique, celle-ci décide précisément de s’effondrer à 500m de l’arrivée. Pour un peu, je manque de terminer ma course au cimetière. Une maisonnette, probablement destinée à faire des barbecues, a brûlé pour de bon. Ho ho… Je remarque les murets en ruines à hauteur de la Mare Adam et du carrefour de la Calotte.

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Victoire, j’ai réussi. Mon chrono n’est pas fameux mais je n’ai rien de cassé et c’est l’essentiel. Le retour en train est chiant : outre l’attente – durant laquelle je m’adonne à quelques étirements sur une barre (de danse classique ?) possiblement d’origine – je dois effectuer un changement. C’est une grosse perte de temps en transports en commun. Pas sûr que je recommencerai si je dois aller travailler juste après, ou bien aux beaux jours. A ce moment-là, la chaleur étouffante me fera sûrement regretter la blancheur polaire de l’hiver 2018…

Lien vers l’album

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